Les 24 Heures du Mans 2017, côté pneus

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La course des 24 Heures du Mans nous a habitués à des scénarios incroyables. L’an dernier, la Toyota de tête est tombée en panne dans le dernier tour laissant échapper la victoire au profit de Porsche. Mais cette année le scénario était écrit d’avance : ayant appris de son expérience malheureuse, Toyota devait dominer l’édition 2017.

Michelin & Dunlop

Du côté des pneus, seuls deux manufacturiers étaient engagés : Michelin et Dunlop, les éternels rivaux de la piste mancelle.

Sur le circuit déjà, leur opposition est clairement visible au travers de leur présence publicitaire.

La passerelle Dunlop, présente sous différentes formes au Mans depuis 1923, fait face à l’immense totem Michelin de la ligne droite des stands.

Le manufacturier clermontois équipait les LMP1, les voitures les plus performantes et Dunlop les LMP2 en grande majorité. Le plateau des GT est partagé entre les 2 manufacturiers. Les écuries disposent d’un quota de pneumatiques, 12 trains en LMP1 et 14 en LMP2. La stratégie d’utilisation des pneumatiques revêt une importance capitale ; les écuries limitent le remplacement des pneumatiques pour éviter les pertes de temps lors des arrêts au stand. Les choses sont encore plus compliquées en LMP2 : toutes les voitures disposent de la même motorisation et c’est la stratégie de gestion des pneus qui peut faire la différence. Selon les équipes et les conditions de course, les pneus peuvent être remplacés tous les 2, 3 ou 4 relais.

Du côté de Michelin

Michelin a dépêché 90 personnes sur place dont 45 monteurs et 20 conseillers techniques d’écuries. Ont été amenés plus de 5 000 pneus : slick pour le sec, wet séchant pour la piste humide et full wet en cas de piste détrempée. Petite anecdote, la gomme du pneu intermédiaire slick est issue de celle du CrossClimate !

Pour la première fois depuis 10 ans, pas une goutte de pluie n’est tombée sur Le Mans. En tout, seulement 2 300 pneus slicks ont été utilisés. Pascal Couasnon, le directeur de la Compétition chez Michelin, indique que la technologie de ces pneus est tellement pointue que tous les pneus sans exception doivent être rapatriés chez Michelin au terme de la course. On comprend bien le souci de Michelin de protéger ses secrets technologiques quand on sait que la longévité des pneus peut permettre de supprimer quelques relais et de gagner de précieuses secondes. Une fois retournés à Clermont-Ferrand, ils sont alors détruits et destinés au recyclage.

Du côté de Dunlop

Ce sont plus de 6 500 pneus Dunlop qui ont été amenés au Mans, dont 2 500 slicks. Jean-Félix Bazelin, le boss de Dunlop Motorsport, explique que la température ambiante complique les choses : celle relevée sur la piste avoisine les 50°C et celle des pneus approche les 100°C. Les choix sont différents selon les teams : pneus durs pour certains, tendres pour d’autres. Des teams ont même tenté la solution originale d’équipements mixtes.

Résultats de la course

Mais la course réserve toujours des surprises, probablement dues aux conditions météorologiques. Une Porsche puis une Toyota sont tombées en panne et ont plongé dans les profondeurs du classement. Puis au cours de la nuit les deux Toyota les plus performantes ont dû abandonner, laissant le champ libre aux LMP2 et permettant à Dunlop d’envisager la victoire. Mais jamais rien n’est gagné d’avance au Mans ! C’est au terme d’un suspense haletant et d’une remontée fantastique que la dernière Porsche en course l’a finalement emporté.

Porsche, avec 19 victoires, reste le constructeur le plus titré. Les déboires de Toyota permettent à Mazda de rester le seul constructeur japonais à avoir remporté le Mans. Du côté des pneus, Michelin enregistre sa 26ème victoire dont 20 consécutives. Dunlop, dont le premier succès date de 1924 et le dernier succès sur la Mazda à moteur rotatif date de 1991, reste le manufacturier le plus titré, avec 34 titres.

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A propos de l'auteur

Marine, chargée des Relations Publiques, je m’occupe des relations avec les clubs modernes et classiques. Je suis passionnée par le monde automobile, et bien sûr par les technologies du pneumatique, indissociables de son évolution et son histoire.

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